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Le prix à payer

Projection de film Après l’AG du Carrefour laïque de Privas prévu le 15/09/2016 au siège de la FOL

Tandis que les fruits de l’économie s’évaporent dans les paradis fiscaux, les Etats rament, et les peuples aussi. Un film efficace d’Harold Crooks.

Synopsis Le documentariste Harold Crooks est parti enquêter, de la City de Londres jusqu’aux îles anglo-normandes ou des Caraïbes en passant par le Luxembourg, sur les paradis fiscaux et sur les nouvelles pratiques des grandes firmes internationales pour échapper à tout impôt dans les Etats où elles génèrent leurs profits. A côté des militants de la transparence financière et d’économistes médiatiques comme Thomas Piketty, Harold Crooks a interrogé des représentants de la très officielle OCDE mais aussi retrouvé de nombreux acteurs plus ou moins repentis de la bulle financière des paradis fiscaux…

Critique lors de la sortie en salle le 04/02/2015  Les scénarios catastrophe ne se trouvent pas que dans les romans de Michel Houellebecq. Plus rationnel, ce documentaire canadien nous annonce la paupérisation accélérée des classes moyennes un peu partout dans le monde et l’estompement de la protection sociale, avec, comme ultime effet collatéral, le triomphe des partis d’extrême droite. En un sens, la catastrophe est déjà là : les inégalités de revenus rejoignent les niveaux accablants du début du XXe siècle. En 2016, le 1 % le plus riche de la planète possédera plus que les 99 % restants. L’explication est simple, disent les experts convoqués par l’économiste-réalisateur Harold Crooks : les nouveaux rois de l’économie comme Ama­zon ou Google pratiquent massivement l’évitement fiscal. Ils s’engouffrent dans les interstices des lois et des frontières. Leur richesse colossale échappe aux Etats, qui, du coup, n’ont plus grand-chose à redistribuer aux travailleurs, augmentent sans fin leurs impôts… et rivalisent de cadeaux fiscaux aux investisseurs dans l’espoir d’attirer des emplois et de « fournir » de la croissance. Comment faire un film avec ce sujet de conférence ? Naguère, un Michael Moore assurait le show, s’instituait lui-même héros de cinéma et payait de sa personne en allant défier, dans leurs bureaux, les grands patrons. Aujourd’hui, il aurait presque du mal à localiser les sièges sociaux. Tout s’est dématérialisé. La richesse s’accumule offshore. C’est l’une des forces du film, par ailleurs assez impersonnel dans sa forme, que de faire entrevoir l’état vaporeux de l’économie mondiale et le vide juridique où elle prospère. On apprend ainsi que des paradis fiscaux tant décriés, telles les îles Caïmans, « pourraient s’enfoncer sous la mer et rester des centres financiers majeurs » : ils ne sont que des tours de passe-passe transactionnels. Autre vice à grande échelle rappelé à bon escient : là où tout est gratuit, le client est lui-même la marchandise ou la main-d’œuvre. Facebook et autres géants du profit font travailler chaque jour leurs centaines de millions d’utilisateurs et fructifier leurs données personnelles sans contrepartie. Les nouvelles technologies concentrent les richesses autour de quelques-uns. Avec ses treize employés, Instagram, l’application de partage de photos, s’est revendu à un milliard de dollars. Harold Crooks apporte quelques clés historiques plutôt rares — le rôle décisif du Royaume-Uni dans la mise en place et le maintien des paradis fiscaux, ses anciennes colonies pour la plupart. Le réalisateur distille aussi des extraits d’audiences au Sénat américain qui font sourire, tant ils sont embarrassants pour les représentants des nouvelles multinationales sans domicile fiscal. Et les intervenants de haut niveau — dont l’incontournable Thomas Piketty — disent clairement l’urgence d’un sursaut mondial. Puisqu’il faut que ça change, et vite, l’intérêt premier de ce documentaire percutant réside dans son pouvoir d’alerte. Seules de nouvelles règles d’imposition internationales peuvent changer la donne. Aux peuples de pousser leurs Etats à coopérer. Le film pourrait faire office de tract, d’une efficacité imparable. — Louis Guichard

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